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Carnet fourre-tout d'une autrice théâtreuse

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poetry

Tu me guitares

Je te plume

Tu me rimes

Je te crayonne

Tu me chantonnes

Je te rythme

Tu me cordes
Tu m’accordes
Tu m’encordes

Je t’écris

Tu me résonnes

Je t’encre

Tu me manches

Je te page

Tu me scandes

Je te feuille

Tu me grattes

Je te déchire

Tu me refraines

Je te scène

Nous actons

Tu me métaphores

Je t’anacoluthe

Tu me crescendes

Je t’ellipse

Tu me musiques

Je te dramatique

Tu me paroles

Je te dialogue

Tu m’instrumentes

Je te réplique

Tu me fredonnes

Je t’apparté

Tu me chansonnes

Je te didascale

Tu m’anaphores

Je te stylote

Tu m’accélères

Je te biffe

Tu me bats

Je te tape

Tu me mesures

Je te plateau

Tu me mixes

Je te rideau

Tu me chantes

J’écris

Tu me soupires

Je te fondu au noir

 

Il y a du vin.

Il y a de la musique.

Il y a du vin partout.

Il y a du vin dans mes veines.

Il y a toi sur la scène.

Il y a des larmes dans mes yeux.

Il y a toi qui ne le sais pas.

Il y a des malentendus.

Il y a des Flamandes qui dansent sans mot dire.

Il y a des anarchistes qui sont toujours debout.

Il y a des sourires puérils.

Il y a des chats qui se haïssent.

Il y a toi qui ne me hais point.

Il y a moi qui ne le sais pas.

Il y a des poèmes au premier rendez-vous.

Il n’y a pas de tofu.

Il y a mon ventre qui gargouille.

Il y a du vin partout.

Il y a des gens qui partent.

Il y a un balcon où il fait déjà jour.

Il y a des protéines dans le sperme.

Il y a du thé noir.

Il y a toi qui chantes dans la cuisine.

Il y a moi qui pleure dans la baignoire.

Il y a des croissants en Allemagne.

Il y a des contrôleurs dans le S-bahn.

Il y a un enfant qui joue à acheter des billets.

Il y a trop de soleil.

Il y a des lunettes noires.

Il y a une guitare.

Il y a un air de rock star.

Il y a des monstres.

Il y a des blessures.

Il y a peut-être une histoire.

Il y a du retard.

Il n’y a pas de numéro de téléphone.

 

 

 

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Lecture / Vénus – Femmes poètes

Ce dimanche aura lieu à Lyon une lecture de textes de différentes poétesses, dont moi.

Toutes les infos ici
Mise en espace : Julien Lopez
Lecture : Juliette Donner et Camille Seitz

Textes de Linda Anderson, Leeland Bardwell, Juanita Casey, Léonie Casthel, Séverine Daucourt, Mary Dorcey, Rita Ann Higgins, Rupi Kaur, Maureen Martella, Joan Mc Bren

Représentation unique le dimanche 7 octobre à 18h au théâtre le Fou, 2 rue Fernand Rey, 69001 Lyon

Réservation au 09 54 09 23 93 ou sur http://www.lefou.eu/contact-form/

Tarif unique : 9€

27 par Itzko

Une interprétation par le comédien Itzko de mon poème 27 au Zèbre lors d’un Cabaret de Poussière.

À travers le béton sauvage les herbes se fraient un passage
Graciles et timides, solides et fragiles
Telle l’enfant qui joue dans sa robe de fleurs
À triturer ses peurs, mettre ses mots debout
S’en faire un bouclier contre le monde entier

Tandis que dans la boue ses petits frères jouent
À se réinventer des vies imaginées
Poètes qui s’amusent à costumer leurs muses

Chats de gouttière errants ou clébards odorants
Jusqu’à les transformer en archanges parfaits
En chevaliers miauleurs, en princesses sans peurs
En dragon à poil dru et sorcières griffues

Jusqu’à ce qu’un décor de béton armé d’or vienne les englober

Les gosses et les bêtes, les rêves et les poètes
Les amis et les sœurs unis main dans la main
Dans l’usine de brique mue en une fabrique
D’imaginaire au cœur du paysage urbain

C’est la détente des vagues
qui attiédit le tibia
et, à travers l’eau,
l’ongle glabre sa botte de nacre
reprend la révolution.
C’est le ressac saccadé des ondes
qui affermit le fémur
et, au delà de l’eau
on lit le long du galbe la botte âcre.

Le botox, collagen, facelifts, hair dye,
« beauty » whose norms change from epoch to epoch
aléatoire, friable and liminal like les sables sans destination.

Ce sont là des tentes un peu vagues
qu’attendrit le ténia
à tort et à travers l’o-
céan blonde blague qui la botte. Crap.
Repars dans ton adoration.
S’assoit là, détente, et se targue
en l’attente d’Athéna,
aux morts et à l’envers d’au-
cun boulet ballant — qu’elle est sotte ! Arp
Je me marre de ton inspiration.

Inspiration from a tapeworm
Tapeworm that steals my inspiration, my breath,
takes my breath away, killing me softly
for one night only, I can’t live if living is without you, ténia qui m’attendrit.

Là dessine l’action des arbres.
Scelle la dette en tes algues
qui a tié-pi tout là-bas
Elle a traversé, oblongue,
et drague sa beauté-désastres,
puis rend son imagination.
Le tipi du tibia du ténia t’attendrit
Il te tue, te loue, il est louche, farfelu.
Il héla des tantes et leurs bagues
qui attendaient leur tapioca
Et à trois, vers la
ronde d’algues qui sabote l’arnaque
On repart dans nos rêves-solutions.

Texte écrit avec Camille Bloomfield, Lara Cox, et Octavio Mereno.

Icare de pacotille, j’ai bu la coupe jusqu’à la lie
Et je m’y suis brûlé les cils

Un court instant planant entre éther et éthyle
Au milieu des étoiles dévorantes aux dents qui brillent
Ivre de gin et d’électricité je me gave du feu qui me ronge les veines

Et je sens mes entrailles exister
Putréfaction en pleine rébellion vaine
Car elles ne sortiront jamais de moi
Comme une âme prisonnière
Condamnée sans sursis à côtoyer mes vices
Ma rate, mon spleen, mes reins, mon appendice
Ma faim, ma nausée, et toute leur trivialité
Ma salive goudronneuse, mon haleine et mes larmes
Le sang régulier de l’enfant qui ne naîtra pas

Ma chair, ma peau, ma carne
Mes poils et la sueur du pauvre combat
Mes pores, mes ongles morts, ma lymphe
Mes yeux fragiles derrière mes paupières ailes de nymphe
Baissées sur la glaçante évidence macabre

Au dessus de mon corps j’ai beau me démener
Parfois m’en évader, comme je vomirais mon âme
Comme j’abandonnerais ma mue de serpent aux crabes
J’ai beau penser, crier, rêver, parfois aimer
Un peu écrire, souvent rire
Je suis un être humain qui va mourir

Et quelques nuits, quand les trains passent sous mes fenêtres endormies
J’entends encore
Le bruit des os qui craquent.

Il ne devrait pas être là
En moi.
Pas m’écouter pleurer.
Je ne savais pas que j’avais
Don d’ubiquité
Pour me dédoubler en secret
Élever un mirage au creux de mon sein
Une illusion, un embryon de petit rien
Un espoir morcelé retombé à mes pieds.
J’ai peur de mon corps
Je hais le sien d’être là
D’être la cause du décès
De ma vie phantasmée
De mon avenir rêvé
Au fond de contrées étranges
Avec ta main dans ma main.
Mais nous ne sommes pas des anges
Il est trop tard pour en faire un.

Pardonne-moi d’être deux.
D’être trop.

Pardonne-le d’être lui
Un bout d’chou
Un bout de moi
Un bout de nous.

Cataclysme ?

Rose est le crépuscule.
Hélas, il est déjà trop tard. Et le bateau chante plus fort qu’aucun homme
et sanglote à petit feu en murmurant des choses étranges.
C’est lui le premier à avoir pensé qu’il serait condamné à dormir,
dormir enfin, et puis oublier le monde.
En attendant il vogue, comme une bouteille égarée,
dans le ventre un message effacé.
L’absence de vent fait peur, une tempête pourrait être en préparation.
Il sombre un peu, parfois,
tandis que les moustiques zézaient dans l’air humide du soleil couchant.
Espace magnétique chambardé, la boussole s’affole.
Impossible de savoir où l’on est, les passagers du superbe se sont écartés.
Et puis ils vont se soûler, en riant très fort, pour ne plus frissonner.

Écrit à quatre mains avec Stig Pham Huu Tri

Ne me regarde pas.

Ne me regarde pas.
Ne te retourne pas.
Continue de marcher ton pas, ton regard rivé sur tes pas.
Les miens dans les tiens.
Mon souffle sur ta nuque qui agite ton crin.
Mon souffle court dans tes cheveux longs.
Mon regard dans ton dos comme un croc dans ma peau.
La pointe de mes seins contre tes omoplates.
Au travers de ta cage le tempo de ton cœur remplace celui qui a cessé de battre.
Ma cheville qui saigne, mon cœur qui ne bat plus.
Mon sexe qui palpite au rythme de ton pas.
Ne me regarde pas. Ne me regarde pas.
Devine-moi, ressens-moi derrière toi, imagine-moi, ne me regarde pas.
Ne me regarde pas, imagine-moi laide, entends-moi, comprends-moi, ne m’aime pas.
Mais tu m’as vue.
Regarde-moi.
Vois comme je suis belle sous mes cheveux saurs, la peau livide et les yeux morts, vois comme je suis belle lorsque je pleure une petite mort.
Vois-moi, qui déjà repars en arrière sur mes pas.
Salaud tu m’as tuée, de ton œil de vipère, de ton œil amoureux.
Puissent les mains de tes fans, sur lesquelles envolé tu slames, d’amour t’arracher tes atours, écorcher ta peau dorée, déchirer ton corps adoré.
Salaud qui m’as tuée, que tu viennes me retrouver.

Road Trip

Les yeux des bagnoles rougissent tandis que la nuit tombe
Les éoliennes se pavanent lentement sur fond de ciel bleu encre
En battant de leurs cils immenses comme des fausses blondes
Les nuages s’entredéchirent et les buissons sont flous
Moi les cheveux par la fenêtre d’une envie de lever l’ancre
Je respire le vent dont on ne peut pas voir le bout

On fait presque le tour du monde

Douce amertume

Des filtres de cigarettes éparpillés sur le rebord d’un quai
Le rayon d’un soleil finissant morcelé dans l’eau de l’étang
Des verres amoncelés fondant dans les glaçons brisés
Un goût de douceur amère dans ma bouche
que tu effleures distraitement
Dans l’herbe tu te couches
où nous avons été amants
Mais il fait froid soudain
dans mon corps sous tes mains
Le soleil est terminé
Il faut déjà rentrer.

Un ciel

Rencontrerai-je un jour un ciel plus beau que toi ?
Ta bouche de lave me brûle à petit feu
Les ombres de tes cils battent à petits pas
Tes hanches et ta cadence et ta danse et tes jeux
Ta salive de larmes tes allures de chat
Ta jupe de lumière et tes cils de poussière
Tes immenses nuits qui ne me regardent pas
Tes paupières de fièvre et tes yeux de folie
Peut-être avec deux ailes
s’envoleront
Ma poussière de rêve à ton regard joli
Sang ou bien avec elle
s’alliera
Car tes yeux de Chimère, avec ou bien sans haine
M’inspireront toujours et douleur et amour

Verrai-je un de ces jours un ciel plus loin que toi ?

Tango nocturne

Je traîne désœuvrée sur la chaussée absurde
Mes larmes réchauffant mes joues pâles et cireuses
Je pleure désespérée sur le pavé trop rude
Le froid figeant le sel sur mes joues blanches et creuses
Le crâne bourdonnant d’une guerre puérile
Et l’esprit titubant comme un enfant débile
Je brûle désemparée des lettres mensongères
Je marche à petit pas dans le brouillard timide
 
Je brûle bouleversée d’une passion meurtrière
et piétine le gris d’un trottoir si humide
Si froid, si terne et laid
Que la brume malformée
Dans l’aube d’une vie
Brouille les traits de la ville
Et m’enveloppe, fragile
d’un rêve cotonneux
dont je peine à m’extraire
l’âme en peine solitaire
 
J’attends, découragée, l’apocalypse belle
Et je chasse l’idée d’un mirage réel
Car mon amour pour Toi
Coule dans mes veines
Chaud comme du sang
Venimeux comme un serpent
Mais au goût de miel
Toi mon Ange déchu
Embrasse-moi
je boirai à tes lèvres le poison de mon destin
Et du suc de ton désir me ferai un festin
Apporte-moi ta lumière
Entraîne-moi dans une danse
Étrange et fantastique
Une valse fatale ou un tango nocturne
Un dernier tour de ronde
Funeste tarentelle
 
Une araignée mortelle
Te caresse la joue
Sur une neige éternelle
On voit l’empreinte d’un loup
Un enfant joue sous la grêle
de ses souvenirs trop flous
qui dessinent sur sa joue
une immense caravelle
la Mort en figure de proue
Comme un papillon qui souffre
Mon âme est au bord du gouffre
Sur la margelle de mon enfance
Je me hisse et m’assois
Mes pieds dans le vide se balancent
Je contemple tout ça
Posant sur le monde
un regard trop grand pour moi
un Regard vieux comme le monde
entre émoi effroi et toi
 
De mes yeux je vois des choses
que je ne comprends pas
De belles choses
des roses
mortes d’être si belles
sanglantes et éternelles
 
Sur la marelle de mon enfance
Je jette mon palet
léger comme une brume
puissant et acéré
éclaboussé
de larmes au goût de fiel
amer parfum de réel
mon palet orné d’une cicatrice amoureuse
jusqu’au palais meurtri de vieilles amours majestueuses
 
mon palet d’un battement d’aile
d’un clin d’œil atteint le CIEL.

Et je courais…

Et je courais silence

Tête nue sous l’orage

Sous cette pluie salée qu’acidifiaient mes larmes

Et nous marchions ensemble sous le même orage

Nos cheveux déchirés de la même dentelle

Dans le noir de corbeau de ta jupe trop courte

Dans les immensités de tes pupilles trop grandes

Je te lisais

Je te devinais ma sœur d’armes

Nous dansions toutes deux sous la même douleur

Et dans le sang perdu ruisselant derrière nous

Je croyais voir mourir des vierges et des empires

Les larmes de rimmel qui coulaient sur nos joues

Nous maquillaient des veines tout le long du cou

Et nous nous blottissions

Enchaînées l’une à l’autre

Agrippées à nos vies à défaut d’une mort

Sous cette pluie des flèches et des crachats des Autres

Tranquilles et perdues nous pressentions l’aurore.

Une Fille.

Une fille
Déchirée
Emprisonnée dans sa bulle de silence
Elle était heureuse avant
Elle avait confiance en la vie
Mais elle portait dans son cœur
Une bête image d’Épinal
Une image qui la trompait

Elle était jolie avant
Elle s’était parée de bracelets dorés
Avait colorié
ses pommettes en rose et ses paupières en mauve
À son retour, le rose avait mis les voiles
vers un monde parallèle
Où son double était né sous la bonne étoile

Ses lèvres sont désormais muettes
Et c’est son cœur qui hurle son horreur
Si fort
Qu’elle-même en devient sourde

Honteuse
Elle se sent coupable
D’un crime dont elle est la victime
Mais le silence aggrave son cas
sans le vouloir, la condamne à l’effroi
Permanent
Au détour d’une ruelle
Au détour de sa vie
Meurtrie
intérieurement
Un bleu au cœur
Un coup à l’âme
Pas de colère
Pas de hargne
Victime d’un drame
comme tant d’autres

Un fait divers marqua sa vie sous le signe de la folie.

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