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Carnet fourre-tout d'une autrice théâtreuse

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poème

Je vais

 

[Version française de I will]

 

J’ai lavé mes cheveux

J’ai brossé mes dents

Et les tapis

Et mes cheveux

J’ai nettoyé le sol

J’ai nettoyé ma peau

J’ai nettoyé ma bouche

J’ai nettoyé mes tripes

J’ai nettoyé toutes les assiettes

J’ai lavé les vêtements

J’ai lavé les rideaux

Et les serviettes

Et les sous-vêtements

Et les chaussures

Et les mouchoirs

J’ai bu le thé

Je vais tout nettoyer

Je vais laver la tasse à thé

Après avoir bu tout le thé

Je vais tout laver et tout ira mieux

Tout ira mieux quand j’aurai fini de tout laver

Tout ira mieux quand j’aurai bu tout le thé

Tout ira bien

Quand j’aurai bu tout le thé et lavé la tasse à thé et le reste de moi

Tout sera bien

Un jour je vais me réveiller et tout ira bien

Je dois juste dormir après avoir lavé mes draps

Je dois juste dormir dans des draps propres après avoir bu tout le thé

Je dois juste boire tout le thé et tout nettoyer

Je vais tout laver

Un jour je me réveillerai et je ne serai pas fatiguée,

 

 

 

 

I will

I’ve been washing my hair

I’ve been brushing my teeth

And the carpets

And my hair

I’ve been cleaning the floor

I’ve been cleaning my skin

I’ve been cleaning my mouth

I’ve been cleaning my guts

I’ve been cleaning all the plates

I’ve been washing the clothes

I’ve been washing the curtains

And the towels

And the underwear

And the shoes

And the handkerchieves

I’ve been drinking the tea

I will clean everything

I will clean the teacup

After drinking all the tea

I will clean everything and all will be better

All will be better when I will finished with all the cleaning

All will be better when I will have drunk all the tea

All will be fine

After I will drink all the tea and wash the teacup and the rest of me

All will be well

One day I will wake up and all will be well

I just need to sleep after cleaning my sheets

I just need to sleep in clean sheets after drinking all the tea

I just need to drink all the tea and clean everything

I will wash everything

One day I will wake up and I will not be tired,

 

 

Puisse
Le niveau des eaux baisser
Puisse
Ta mémoire se désengorger
Puissent
Les rivières polir les pierres
Puissent
Tes doigts délier tout
Puissent
Tes oreilles se fermer comme des paupières
Puissent
Tes regards ricocher sur les cailloux
Puisse
La roche devenir moins lourde
Puissent
Tes angoisses cesser de sourdre
Puisse
Ton corps redevenir nu
Puisses
Tu

Mon drapeau ne sera plus rouge.

Le sang du peuple a séché dessus.

Le sang des ouvriers l’a trop longtemps éclaboussé. Mais les ouvriers n’ont plus de sang. Les ouvriers n’ont plus de pain. Les ouvriers sont exsangues de n’avoir plus de pain.

Notre drapeau rouge fut toujours celui de la liberté. La liberté qui effraie les bourreaux, et le drapeau vermeille de notre sang.

Le sang a séché, ne flotte que le noir au-dessus de nos têtes dans l’aurore qui se lève. Le drapeau noir de notre deuil, le drapeau noir sur nos espoirs.

Ceux-là qui ont un jour tissé ce jupon noir, il y a plus de cinquante ans qu’ils ont descendu les pentes de la Croix-Rousse derrière leur drapeau noir.

Les barricades se dressaient, et les canuts se dressaient sur les barricades, et le drapeau claquait en hurlant leur volonté de vivre en travaillant, sinon de mourir en combattant.

Mon jupon noir prend la relève, au bout de mon manche à balai.

Scène Poétique

Mercredi 18 novembre à 18h30, je participe à une soirée de poésie contemporaine à l’ENS de Lyon, avec les poètes Alexis Cabut, Emanuel Campo, Pierre Causse, Melchior Liboa, Laurence Loutre Barbier, Igor Myrtille et Elsa Rocher. L’entrée est libre.

À travers le béton sauvage les herbes se fraient un passage
Graciles et timides, solides et fragiles
Telle l’enfant qui joue dans sa robe de fleurs
À triturer ses peurs, mettre ses mots debout
S’en faire un bouclier contre le monde entier

Tandis que dans la boue ses petits frères jouent
À se réinventer des vies imaginées
Poètes qui s’amusent à costumer leurs muses

Chats de gouttière errants ou clébards odorants
Jusqu’à les transformer en archanges parfaits
En chevaliers miauleurs, en princesses sans peurs
En dragon à poil dru et sorcières griffues

Jusqu’à ce qu’un décor de béton armé d’or vienne les englober

Les gosses et les bêtes, les rêves et les poètes
Les amis et les sœurs unis main dans la main
Dans l’usine de brique mue en une fabrique
D’imaginaire au cœur du paysage urbain

C’est la détente des vagues
qui attiédit le tibia
et, à travers l’eau,
l’ongle glabre sa botte de nacre
reprend la révolution.
C’est le ressac saccadé des ondes
qui affermit le fémur
et, au delà de l’eau
on lit le long du galbe la botte âcre.

Le botox, collagen, facelifts, hair dye,
« beauty » whose norms change from epoch to epoch
aléatoire, friable and liminal like les sables sans destination.

Ce sont là des tentes un peu vagues
qu’attendrit le ténia
à tort et à travers l’o-
céan blonde blague qui la botte. Crap.
Repars dans ton adoration.
S’assoit là, détente, et se targue
en l’attente d’Athéna,
aux morts et à l’envers d’au-
cun boulet ballant — qu’elle est sotte ! Arp
Je me marre de ton inspiration.

Inspiration from a tapeworm
Tapeworm that steals my inspiration, my breath,
takes my breath away, killing me softly
for one night only, I can’t live if living is without you, ténia qui m’attendrit.

Là dessine l’action des arbres.
Scelle la dette en tes algues
qui a tié-pi tout là-bas
Elle a traversé, oblongue,
et drague sa beauté-désastres,
puis rend son imagination.
Le tipi du tibia du ténia t’attendrit
Il te tue, te loue, il est louche, farfelu.
Il héla des tantes et leurs bagues
qui attendaient leur tapioca
Et à trois, vers la
ronde d’algues qui sabote l’arnaque
On repart dans nos rêves-solutions.

Texte écrit avec Camille Bloomfield, Lara Cox, et Octavio Mereno.

Icare de pacotille, j’ai bu la coupe jusqu’à la lie
Et je m’y suis brûlé les cils

Un court instant planant entre éther et éthyle
Au milieu des étoiles dévorantes aux dents qui brillent
Ivre de gin et d’électricité je me gave du feu qui me ronge les veines

Et je sens mes entrailles exister
Putréfaction en pleine rébellion vaine
Car elles ne sortiront jamais de moi
Comme une âme prisonnière
Condamnée sans sursis à côtoyer mes vices
Ma rate, mon spleen, mes reins, mon appendice
Ma faim, ma nausée, et toute leur trivialité
Ma salive goudronneuse, mon haleine et mes larmes
Le sang régulier de l’enfant qui ne naîtra pas

Ma chair, ma peau, ma carne
Mes poils et la sueur du pauvre combat
Mes pores, mes ongles morts, ma lymphe
Mes yeux fragiles derrière mes paupières ailes de nymphe
Baissées sur la glaçante évidence macabre

Au dessus de mon corps j’ai beau me démener
Parfois m’en évader, comme je vomirais mon âme
Comme j’abandonnerais ma mue de serpent aux crabes
J’ai beau penser, crier, rêver, parfois aimer
Un peu écrire, souvent rire
Je suis un être humain qui va mourir

Et quelques nuits, quand les trains passent sous mes fenêtres endormies
J’entends encore
Le bruit des os qui craquent.

Il ne devrait pas être là
En moi.
Pas m’écouter pleurer.
Je ne savais pas que j’avais
Don d’ubiquité
Pour me dédoubler en secret
Élever un mirage au creux de mon sein
Une illusion, un embryon de petit rien
Un espoir morcelé retombé à mes pieds.
J’ai peur de mon corps
Je hais le sien d’être là
D’être la cause du décès
De ma vie phantasmée
De mon avenir rêvé
Au fond de contrées étranges
Avec ta main dans ma main.
Mais nous ne sommes pas des anges
Il est trop tard pour en faire un.

Pardonne-moi d’être deux.
D’être trop.

Pardonne-le d’être lui
Un bout d’chou
Un bout de moi
Un bout de nous.

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