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Carnet fourre-tout d'une autrice théâtreuse

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Poésie

27

Il y a encore quelques années les tarifs jeunes s’arrêtaient à 25 ans
Et les rockstars mouraient à 27 ans.
Aujourd’hui, on est jeune jusqu’à 28 ans
Parfois même 30.
Et les stars décèdent à 69 ans.
Alors notre peau reste jeune le plus longtemps possible
Mais tout de même, il faut grandir, ne pas s’attarder dans l’adolescence, ne pas être des gamins
Parce que les gamins sont naïfs, et il ne faut pas être naïf.
Il faut survivre.
Et puis les jeunes d’aujourd’hui ne savent pas ce que c’est le rock. Le vrai.
Celui qui vit si vite qu’il en meurt jeune.
Il m’arrive de me sentir hyper adulte.
Je règle un problème, je prends une initiative, je remplis de la paperasse, je cesse de fuir, je frappe au lieu de faire semblant de dormir, je parle à quelqu’un, je retrouve mon chemin.
Et je me sens hyper adulte.
C’est sûrement la preuve que je ne suis pas une adulte.
Le serais-je si les nuits blanches avaient perdu de leur superbe
Et les verres de vin leur goût d’interdit ?
Le serais-je si marcher dans la rue n’était plus une aventure ?
Si je l’étais, comprendrais-je enfin la langue ou comme tout le monde ferais-je semblant ?
Croyez-le
Les jeunes de nos jours écoutent toujours
Jim Morrison, Jimi Hendrix, Janis Joplin
Cobain et les échos de leur voix morte qui reste vivante
La voix de la jeunesse éternelle
Celle qui meurt à 27 ans.

Aujourd’hui j’ai 27 ans.
Est-ce que ma jeunesse doit mourir ?

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Ma muse, mon museau

Viens regarder le vol des grands corbeaux

Sans parler

S’il te plaît

Reste à mes côtés pour dessiner

une autre femme qui pourrait être moi

Si tu veux t’en aller

Laisse-moi encore une fois

marcher dans tes pas

Et si nos os se changent en bois

qu’on en fasse un feu de joie

Brûle à mes côtés au soleil de minuit

ou partons sillonner en train la Sibérie

S’en aller

Sans parler

esquisser des hypothèses

qui peut-être seront vraies

ouvrir notre parenthèse

ne la refermer jamais

Profitons d’une éclipse

et de notre propre apocalypse

pour inventer un nouvel avenir

Ils peuvent bien tout bombarder

Ils peuvent tout salir

Il y aura toujours des arbres auxquels s’attacher

des fleurs à ne pas cueillir

des rêves à enfanter, des familles à construire

Alors viens

Vivons sans rien de notre glèbe et de nos rires

Couchons-nous dans les herbes

Sans les flétrir et rappelle-toi

quand je passais devant toi

Tu aimais déjà mon espèce d’aura

Je n’étais pas encore là que tu m’aimais déjà

que nous faisions les quatre cents coups et l’amour à vingt ans

et que je rêvais au monde où faire pousser nos enfants

Alors si tes plaies suppurent, laisse-moi baiser tes blessures

Et puis viens

Partons où tu voudras

ermites dans la lande ou citadins de villes hallucinantes

bergères des villes ou touristes du monde

Ou reste là

Je reviendrai toujours vers toi

dans les bras des gamins nourris de soleil et de vent

Ou bien seule à genoux sur un traîneau tiré par des chats

des forêts norvégiennes

Alors viens

Viens

Et ne lâche pas ma main

quand tu viendras respirer le monde d’oxygène

qui se niche entre mes seins

Mon drapeau ne sera plus rouge.

Le sang du peuple a séché dessus.

Le sang des ouvriers l’a trop longtemps éclaboussé. Mais les ouvriers n’ont plus de sang. Les ouvriers n’ont plus de pain. Les ouvriers sont exsangues de n’avoir plus de pain.

Notre drapeau rouge fut toujours celui de la liberté. La liberté qui effraie les bourreaux, et le drapeau vermeille de notre sang.

Le sang a séché, ne flotte que le noir au-dessus de nos têtes dans l’aurore qui se lève. Le drapeau noir de notre deuil, le drapeau noir sur nos espoirs.

Ceux-là qui ont un jour tissé ce jupon noir, il y a plus de cinquante ans qu’ils ont descendu les pentes de la Croix-Rousse derrière leur drapeau noir.

Les barricades se dressaient, et les canuts se dressaient sur les barricades, et le drapeau claquait en hurlant leur volonté de vivre en travaillant, sinon de mourir en combattant.

Mon jupon noir prend la relève, au bout de mon manche à balai.

Scène Poétique

Mercredi 18 novembre à 18h30, je participe à une soirée de poésie contemporaine à l’ENS de Lyon, avec les poètes Alexis Cabut, Emanuel Campo, Pierre Causse, Melchior Liboa, Laurence Loutre Barbier, Igor Myrtille et Elsa Rocher. L’entrée est libre.

Le ciel est morcelé au dessus des escaliers.
Il ne s’allonge plus comme un chat dans la chaleur des chemins de fer.
Il n’y a plus de nuages qui se déchirent en rouge et gris.
Il n’y a plus rien quand il fait noir.
La langue sans tréma ne chuinte pas,
Et dans les parcs les bouteilles vides ne se ramassent pas.
Les parcs sont fermés.
Et personne n’y chante.
Dans les chambres étroites les fenêtres ne s’accouplent pas.
Il n’y a pas de piscine dans les boîtes libertines.
Il n’y a pas de limonade au sureau.
Il y a peu de vélos.
Il n’y a pas de place dans le métro
Ni sur les escaliers du fleuve,
Et les photomatons sont en couleurs réglementaires.
Il n’y a pas de renards dans la ville
Mais il y a de la viande.
Je ne vais plus me perdre à côté de chez moi
Dans les odeurs d’épices et de neige piétinée.
Je ne vois plus le soleil se lever en vibrant sous les basses.
Je ne vais plus là où c’est beau
Boire du maté glacé au bord de l’eau
En sachant que je pourrais tomber.
Mais je remonterai les escaliers
Et j’irai voir
Valparaiso.

Rituel

Le blanc se dore sous la chaleur. La crête des montagnes va parfois jusqu’à noircir. Un grésillement, un bruit d’explosion, des grésillements.
Le translucide s’opacifie autour du soleil rond piqueté d’un point rouge comme une blessure. L’aura va parfois jusqu’à noircir, quand le soleil n’est plus fondant.
La mer bouillonne plus fort quand on y plonge quelque chose. Des tiges chevelues qui s’adoucissent en s’entremêlant. Souvent trop câlines, il vaut mieux les oindre d’huile pour que ça ne dégénère pas.
Le blond vire au roux en crépitant dans une odeur de sueur. Je découpe des cœurs qui vont rejoindre les oignons dans la poêle. Il faut manger vite avant que ça refroidisse.
Après, j’ai trop mangé. J’ai trop mangé de monde.

C’est de l’art

C’est antiraciste

Vous avez réservé

Ils sont consentants

C’était très émouvant

Et la liberté d’expression

Vous n’avez rien compris

Vous ne pouvez pas y aller

Il ne faut pas voir le mal partout

Il faut voir le spectacle pour juger

Il faut payer à l’avance par internet

Nous ne sommes pas vraiment enchaînés

Il n’est pas raciste il vient d’Afrique du Sud

Je ne suis pas très militante j’ai beaucoup d’amis blancs

Je connais un Noir qui a vu le spectacle et qui a trouvé ça beau

Vous ne pouvez pas passer dans cette rue si vous n’avez pas réservé

Vous savez si on voulait vraiment vous charger on pourrait mais ce n’est pas le but

Si vous vous scandalisez pour ça vous devez souvent être scandalisée

Je connais plein de Noirs qui ont vu le spectacle et qui ont adoré

Vous ne pouvez pas rentrer si vous n’avez pas réservé

Vous rentrerez chez vous après la fin du spectacle

Il n’est pas raciste il a vécu avec des Noirs

Moi j’ai vu le spectacle et c’était très beau

Faites demi-tour c’est dangereux par là

Les manifestants sont des sauvages

Faites demi-tour la rue est bloquée

Il y a des combats plus importants

J’ai vu le spectacle et j’ai pleuré

Je connais plein de Noirs

La rue est bloquée

C’est des malades

Faites demi tour

Ils sont violents

C’est de l’art

Je me croyais au-dessus des nuages
Je me pensais prête à tourner la page
Et je l’ai déchirée
Sans plus la regarder.

Puis je suis repartie dans les nuages
Les yeux tournés vers le prochain orage
Et je m’y suis jetée.

À travers le béton sauvage les herbes se fraient un passage
Graciles et timides, solides et fragiles
Telle l’enfant qui joue dans sa robe de fleurs
À triturer ses peurs, mettre ses mots debout
S’en faire un bouclier contre le monde entier

Tandis que dans la boue ses petits frères jouent
À se réinventer des vies imaginées
Poètes qui s’amusent à costumer leurs muses

Chats de gouttière errants ou clébards odorants
Jusqu’à les transformer en archanges parfaits
En chevaliers miauleurs, en princesses sans peurs
En dragon à poil dru et sorcières griffues

Jusqu’à ce qu’un décor de béton armé d’or vienne les englober

Les gosses et les bêtes, les rêves et les poètes
Les amis et les sœurs unis main dans la main
Dans l’usine de brique mue en une fabrique
D’imaginaire au cœur du paysage urbain

Waves.

La mer de ta moustache flue et reflue sur ma peau.

Wave.

Recouvre et découvre mon ventre.

Wave.

Va et vient avec hâte, de ma gorge à mes yeux, le long de mes cheveux.

Wave.

Dévale en s’y noyant la chute de mes reins.

Wave.

Monte comme le désir de mes cuisses à mes joues, et la honte rose à mes joues.

Waves.

Elle effleure en douceur les secrets de mon torse glabre.

Wave.

Cylindre tronc d’arbre.

Wave.

Wave.

Enfin tu l’accompagnes de ta langue.

Wave. Wave.

Mon sexe chrysalide s’épanouit comme une rose.

Wave.

Mon corps n’est pas un temple.

Entre.

C’est la détente des vagues
qui attiédit le tibia
et, à travers l’eau,
l’ongle glabre sa botte de nacre
reprend la révolution.
C’est le ressac saccadé des ondes
qui affermit le fémur
et, au delà de l’eau
on lit le long du galbe la botte âcre.

Le botox, collagen, facelifts, hair dye,
« beauty » whose norms change from epoch to epoch
aléatoire, friable and liminal like les sables sans destination.

Ce sont là des tentes un peu vagues
qu’attendrit le ténia
à tort et à travers l’o-
céan blonde blague qui la botte. Crap.
Repars dans ton adoration.
S’assoit là, détente, et se targue
en l’attente d’Athéna,
aux morts et à l’envers d’au-
cun boulet ballant — qu’elle est sotte ! Arp
Je me marre de ton inspiration.

Inspiration from a tapeworm
Tapeworm that steals my inspiration, my breath,
takes my breath away, killing me softly
for one night only, I can’t live if living is without you, ténia qui m’attendrit.

Là dessine l’action des arbres.
Scelle la dette en tes algues
qui a tié-pi tout là-bas
Elle a traversé, oblongue,
et drague sa beauté-désastres,
puis rend son imagination.
Le tipi du tibia du ténia t’attendrit
Il te tue, te loue, il est louche, farfelu.
Il héla des tantes et leurs bagues
qui attendaient leur tapioca
Et à trois, vers la
ronde d’algues qui sabote l’arnaque
On repart dans nos rêves-solutions.

Texte écrit avec Camille Bloomfield, Lara Cox, et Octavio Mereno.

Icare de pacotille, j’ai bu la coupe jusqu’à la lie
Et je m’y suis brûlé les cils

Un court instant planant entre éther et éthyle
Au milieu des étoiles dévorantes aux dents qui brillent
Ivre de gin et d’électricité je me gave du feu qui me ronge les veines

Et je sens mes entrailles exister
Putréfaction en pleine rébellion vaine
Car elles ne sortiront jamais de moi
Comme une âme prisonnière
Condamnée sans sursis à côtoyer mes vices
Ma rate, mon spleen, mes reins, mon appendice
Ma faim, ma nausée, et toute leur trivialité
Ma salive goudronneuse, mon haleine et mes larmes
Le sang régulier de l’enfant qui ne naîtra pas

Ma chair, ma peau, ma carne
Mes poils et la sueur du pauvre combat
Mes pores, mes ongles morts, ma lymphe
Mes yeux fragiles derrière mes paupières ailes de nymphe
Baissées sur la glaçante évidence macabre

Au dessus de mon corps j’ai beau me démener
Parfois m’en évader, comme je vomirais mon âme
Comme j’abandonnerais ma mue de serpent aux crabes
J’ai beau penser, crier, rêver, parfois aimer
Un peu écrire, souvent rire
Je suis un être humain qui va mourir

Et quelques nuits, quand les trains passent sous mes fenêtres endormies
J’entends encore
Le bruit des os qui craquent.

Il ne devrait pas être là
En moi.
Pas m’écouter pleurer.
Je ne savais pas que j’avais
Don d’ubiquité
Pour me dédoubler en secret
Élever un mirage au creux de mon sein
Une illusion, un embryon de petit rien
Un espoir morcelé retombé à mes pieds.
J’ai peur de mon corps
Je hais le sien d’être là
D’être la cause du décès
De ma vie phantasmée
De mon avenir rêvé
Au fond de contrées étranges
Avec ta main dans ma main.
Mais nous ne sommes pas des anges
Il est trop tard pour en faire un.

Pardonne-moi d’être deux.
D’être trop.

Pardonne-le d’être lui
Un bout d’chou
Un bout de moi
Un bout de nous.

Cataclysme ?

Rose est le crépuscule.
Hélas, il est déjà trop tard. Et le bateau chante plus fort qu’aucun homme
et sanglote à petit feu en murmurant des choses étranges.
C’est lui le premier à avoir pensé qu’il serait condamné à dormir,
dormir enfin, et puis oublier le monde.
En attendant il vogue, comme une bouteille égarée,
dans le ventre un message effacé.
L’absence de vent fait peur, une tempête pourrait être en préparation.
Il sombre un peu, parfois,
tandis que les moustiques zézaient dans l’air humide du soleil couchant.
Espace magnétique chambardé, la boussole s’affole.
Impossible de savoir où l’on est, les passagers du superbe se sont écartés.
Et puis ils vont se soûler, en riant très fort, pour ne plus frissonner.

Écrit à quatre mains avec Stig Pham Huu Tri

Rat louche

Le rat pelé tout rasuré
dont la queue monstrueuse équivaut une raste
à l’ouïr du rataplan se ratatine
les moustaches aux aguets frémissant à l’idée
de chaparder dans la cantine des ratapoils de tous bords
leur pitance de rata.
Sa femelle attirée vers la lumière marche
En rate une — de marche
Hilare, se dilate la rate
puis en pestant s’élance
et court comme une dératée, suivie de la rataille.
Au dessus du plancher du théâtre
les petits rats lèvent la patte.

Ne me regarde pas.

Ne me regarde pas.
Ne te retourne pas.
Continue de marcher ton pas, ton regard rivé sur tes pas.
Les miens dans les tiens.
Mon souffle sur ta nuque qui agite ton crin.
Mon souffle court dans tes cheveux longs.
Mon regard dans ton dos comme un croc dans ma peau.
La pointe de mes seins contre tes omoplates.
Au travers de ta cage le tempo de ton cœur remplace celui qui a cessé de battre.
Ma cheville qui saigne, mon cœur qui ne bat plus.
Mon sexe qui palpite au rythme de ton pas.
Ne me regarde pas. Ne me regarde pas.
Devine-moi, ressens-moi derrière toi, imagine-moi, ne me regarde pas.
Ne me regarde pas, imagine-moi laide, entends-moi, comprends-moi, ne m’aime pas.
Mais tu m’as vue.
Regarde-moi.
Vois comme je suis belle sous mes cheveux saurs, la peau livide et les yeux morts, vois comme je suis belle lorsque je pleure une petite mort.
Vois-moi, qui déjà repars en arrière sur mes pas.
Salaud tu m’as tuée, de ton œil de vipère, de ton œil amoureux.
Puissent les mains de tes fans, sur lesquelles envolé tu slames, d’amour t’arracher tes atours, écorcher ta peau dorée, déchirer ton corps adoré.
Salaud qui m’as tuée, que tu viennes me retrouver.

Road Trip

Les yeux des bagnoles rougissent tandis que la nuit tombe
Les éoliennes se pavanent lentement sur fond de ciel bleu encre
En battant de leurs cils immenses comme des fausses blondes
Les nuages s’entredéchirent et les buissons sont flous
Moi les cheveux par la fenêtre d’une envie de lever l’ancre
Je respire le vent dont on ne peut pas voir le bout

On fait presque le tour du monde

Douce amertume

Des filtres de cigarettes éparpillés sur le rebord d’un quai
Le rayon d’un soleil finissant morcelé dans l’eau de l’étang
Des verres amoncelés fondant dans les glaçons brisés
Un goût de douceur amère dans ma bouche
que tu effleures distraitement
Dans l’herbe tu te couches
où nous avons été amants
Mais il fait froid soudain
dans mon corps sous tes mains
Le soleil est terminé
Il faut déjà rentrer.

Un ciel

Rencontrerai-je un jour un ciel plus beau que toi ?
Ta bouche de lave me brûle à petit feu
Les ombres de tes cils battent à petits pas
Tes hanches et ta cadence et ta danse et tes jeux
Ta salive de larmes tes allures de chat
Ta jupe de lumière et tes cils de poussière
Tes immenses nuits qui ne me regardent pas
Tes paupières de fièvre et tes yeux de folie
Peut-être avec deux ailes
s’envoleront
Ma poussière de rêve à ton regard joli
Sang ou bien avec elle
s’alliera
Car tes yeux de Chimère, avec ou bien sans haine
M’inspireront toujours et douleur et amour

Verrai-je un de ces jours un ciel plus loin que toi ?

Tango nocturne

Je traîne désœuvrée sur la chaussée absurde
Mes larmes réchauffant mes joues pâles et cireuses
Je pleure désespérée sur le pavé trop rude
Le froid figeant le sel sur mes joues blanches et creuses
Le crâne bourdonnant d’une guerre puérile
Et l’esprit titubant comme un enfant débile
Je brûle désemparée des lettres mensongères
Je marche à petit pas dans le brouillard timide
 
Je brûle bouleversée d’une passion meurtrière
et piétine le gris d’un trottoir si humide
Si froid, si terne et laid
Que la brume malformée
Dans l’aube d’une vie
Brouille les traits de la ville
Et m’enveloppe, fragile
d’un rêve cotonneux
dont je peine à m’extraire
l’âme en peine solitaire
 
J’attends, découragée, l’apocalypse belle
Et je chasse l’idée d’un mirage réel
Car mon amour pour Toi
Coule dans mes veines
Chaud comme du sang
Venimeux comme un serpent
Mais au goût de miel
Toi mon Ange déchu
Embrasse-moi
je boirai à tes lèvres le poison de mon destin
Et du suc de ton désir me ferai un festin
Apporte-moi ta lumière
Entraîne-moi dans une danse
Étrange et fantastique
Une valse fatale ou un tango nocturne
Un dernier tour de ronde
Funeste tarentelle
 
Une araignée mortelle
Te caresse la joue
Sur une neige éternelle
On voit l’empreinte d’un loup
Un enfant joue sous la grêle
de ses souvenirs trop flous
qui dessinent sur sa joue
une immense caravelle
la Mort en figure de proue
Comme un papillon qui souffre
Mon âme est au bord du gouffre
Sur la margelle de mon enfance
Je me hisse et m’assois
Mes pieds dans le vide se balancent
Je contemple tout ça
Posant sur le monde
un regard trop grand pour moi
un Regard vieux comme le monde
entre émoi effroi et toi
 
De mes yeux je vois des choses
que je ne comprends pas
De belles choses
des roses
mortes d’être si belles
sanglantes et éternelles
 
Sur la marelle de mon enfance
Je jette mon palet
léger comme une brume
puissant et acéré
éclaboussé
de larmes au goût de fiel
amer parfum de réel
mon palet orné d’une cicatrice amoureuse
jusqu’au palais meurtri de vieilles amours majestueuses
 
mon palet d’un battement d’aile
d’un clin d’œil atteint le CIEL.

Et je courais…

Et je courais silence

Tête nue sous l’orage

Sous cette pluie salée qu’acidifiaient mes larmes

Et nous marchions ensemble sous le même orage

Nos cheveux déchirés de la même dentelle

Dans le noir de corbeau de ta jupe trop courte

Dans les immensités de tes pupilles trop grandes

Je te lisais

Je te devinais ma sœur d’armes

Nous dansions toutes deux sous la même douleur

Et dans le sang perdu ruisselant derrière nous

Je croyais voir mourir des vierges et des empires

Les larmes de rimmel qui coulaient sur nos joues

Nous maquillaient des veines tout le long du cou

Et nous nous blottissions

Enchaînées l’une à l’autre

Agrippées à nos vies à défaut d’une mort

Sous cette pluie des flèches et des crachats des Autres

Tranquilles et perdues nous pressentions l’aurore.

Une Fille.

Une fille
Déchirée
Emprisonnée dans sa bulle de silence
Elle était heureuse avant
Elle avait confiance en la vie
Mais elle portait dans son cœur
Une bête image d’Épinal
Une image qui la trompait

Elle était jolie avant
Elle s’était parée de bracelets dorés
Avait colorié
ses pommettes en rose et ses paupières en mauve
À son retour, le rose avait mis les voiles
vers un monde parallèle
Où son double était né sous la bonne étoile

Ses lèvres sont désormais muettes
Et c’est son cœur qui hurle son horreur
Si fort
Qu’elle-même en devient sourde

Honteuse
Elle se sent coupable
D’un crime dont elle est la victime
Mais le silence aggrave son cas
sans le vouloir, la condamne à l’effroi
Permanent
Au détour d’une ruelle
Au détour de sa vie
Meurtrie
intérieurement
Un bleu au cœur
Un coup à l’âme
Pas de colère
Pas de hargne
Victime d’un drame
comme tant d’autres

Un fait d’hiver marqua sa vie sous le signe de la folie.

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