Le ciel est morcelé au dessus des escaliers.
Il ne s’allonge plus comme un chat dans la chaleur des chemins de fer.
Il n’y a plus de nuages qui se déchirent en rouge et gris.
Il n’y a plus rien quand il fait noir.
La langue sans tréma ne chuinte pas,
Et dans les parcs les bouteilles vides ne se ramassent pas.
Les parcs sont fermés.
Et personne n’y chante.
Dans les chambres étroites les fenêtres ne s’accouplent pas.
Il n’y a pas de piscine dans les boîtes libertines.
Il n’y a pas de limonade au sureau.
Il y a peu de vélos.
Il n’y a pas de place dans le métro
Ni sur les escaliers du fleuve,
Et les photomatons sont en couleurs réglementaires.
Il n’y a pas de renards dans la ville
Mais il y a de la viande.
Je ne vais plus me perdre à côté de chez moi
Dans les odeurs d’épices et de neige piétinée.
Je ne vois plus le soleil se lever en vibrant sous les basses.
Je ne vais plus là où c’est beau
Boire du maté glacé au bord de l’eau
En sachant que je pourrais tomber.
Mais je remonterai les escaliers
Et j’irai voir
Valparaiso.

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